La Diagonale des Fous 2025 : le mythe inchangé
175 km, ~10 000 m D+, jusqu’à ~60 h d’effort : l’île de La Réunion s’apprête à vibrer une nouvelle fois. Ce qui attend vraiment les coureurs cette année.
La Diagonale, on croit la connaître avant de la courir. Et puis on découvre une chose simple : l’île décide. Les chiffres varient selon les tracés, les contournements ou la météo, mais l’essence ne bouge pas : un ultra d’endurance extrême où l’on traverse des remparts, des cirques, des crêtes et des coulées, de la chaleur humide des bas aux brumes fraîches de Bélouve. Officiellement ~175 km et ~10 000 m D+, mais les montres affichent souvent 180–186 km et parfois plus de 10 500 m D+ à l’arrivée. Le mythe est là : ce n’est pas une ligne droite, c’est une vie entière compressée en 2 à 3 jours.
Un parcours inchangé, un mythe intact
En 2025, le tracé conserve l’ADN du Grand Raid : départ du sud de l’île, montée progressive vers les hauts, traversée des cirques de Cilaos et Mafate, puis l’arrivée mythique au stade de la Redoute à Saint-Denis. Le tout dans des conditions toujours aussi rudes : chaleur, humidité, dénivelé, terrain cassant, pluie fréquente. Aucun artifice, aucune concession — la Diag reste fidèle à sa réputation : authentique, brutale et grandiose.
Une épreuve d’endurance intégrale
La Diagonale n’est pas un simple ultra. C’est une succession de défis : physique, mental, climatique et logistique. Le corps est mis à l’épreuve, les muscles explosent, les pieds brûlent, la tête vacille. La gestion de l’effort devient un art : avancer lentement, mais ne jamais s’arrêter trop longtemps.
Chaque passage dans un cirque, chaque montée interminable ou descente piégeuse renforce cette conviction : on ne “fait” pas la Diagonale, on la vit. Et souvent, on la subit avant de la comprendre.
Les moments-clés du parcours
- Le départ à Saint-Pierre : frissons garantis, tambours, foule immense, frontales à perte de vue.
- Le Taïbit et le cirque de Cilaos : les premiers vrais murs, souvent sous une chaleur moite.
- Mafate : le cœur sauvage de l’île, uniquement accessible à pied ou par hélico. Les sentiers y sont aussi beaux que dangereux.
- Le Maïdo : le mur final, celui qui brise les jambes et les ego. La montée mythique avant la descente sur Saint-Denis.
- L’arrivée à la Redoute : le cri, les larmes, les familles. Une délivrance, pas une victoire.
Un défi mental avant tout
Beaucoup de coureurs expérimentés le disent : le mental fait la différence. La Diagonale teste la lucidité, la patience, la capacité à encaisser l’inconfort. La nuit, la pluie, la chaleur, la solitude et les douleurs s’enchaînent. Ce n’est pas la forme physique qui décide, mais la capacité à continuer quand tout dit d’arrêter.
Une aventure collective
La Diagonale, c’est aussi les bénévoles, les familles réunionnaises au bord des chemins, les enfants qui tendent la main, les “bravo” dans la nuit. Cet esprit, unique, fait partie intégrante du mythe. Sans eux, sans cette ferveur populaire, la Diag ne serait pas ce qu’elle est : un lien humain avant d’être une course.
Conclusion
Année après année, malgré les technologies, les médias et les sponsors, la Diagonale des Fous reste la même. Un défi pur, sincère, où la montagne décide, où l’humilité est la seule stratégie gagnante. Et c’est sans doute pour ça qu’on y revient, ou qu’on rêve d’y revenir.