Construire sa semaine type pour progresser sans fatigue
Volume, intensités, PPG et sortie longue : la répartition simple, scientifique et redoutablement efficace pour franchir un cap sans tomber dans le surmenage.
Construire une semaine type en trail n’est pas empiler des séances au hasard : c’est répartir volume, intensités, PPG (Prépa Physique Générale) et sortie longue de façon à progresser sans glisser vers la fatigue chronique. Voici un plan clair, éprouvé par la littérature scientifique et l’expérience de terrain.
1) Les 4 piliers (et la logique “qui marche”)
Majorité en aisance respiratoire (zones ≤ Seuil 1). C’est la base métabolique et le meilleur rempart contre la fatigue : viser ~60–75 % du temps hebdo très facile.
Un petit bloc de haute intensité (≥ Seuil 2) + un peu de tempo (autour S1–S2). Distribution “pyramidale/polarisée” ≈ 80/20 en temps, adaptée au trail.
2×/sem. 30–45’ : force des jambes (charges lourdes progressives) + gainage + pliométrie maîtrisée. Résiste aux descentes et améliore l’économie de course.
1×/sem. en terrain spécifique (D+/D− du futur objectif), 20–35 % du volume hebdo. Facile, avec éventuellement 10–20’ tempo en montée pour les formats ≥ maratrail.
Cycle 3:1 (trois semaines montantes + une décharge), suivi RPE/sommeil, variabilité de charge (éviter la monotonie). C’est la clé anti-surmenage.
2) Semaine type prête à l’emploi (3 niveaux)
A. Débutant / Reprise (~4–5 h)
B. Intermédiaire (maratrail 30–50 km) (~6–8 h)
C. Ultra (80–120 km) (~9–12 h)
3) PPG qui “paie” en trail (40’)
- Force lourde bas du corps : squat/fentes/soulevé de terre 3–5×3–6 (repos 2’) – progresser d’abord en technique.
- Pliométrie contrôlée : 3×8–10 sauts (amorti “silencieux”), travail de cheville/pied.
- Gainage : planches (avant/latérale) 3×30–45’’ + anti-rotation.
Deux séances hebdo suffisent pour améliorer l’économie de course et la tolérance aux descentes (excentrique).
4) Intensités : comment doser sans se cramer
- Z1 (≤ Seuil 1) : facile, conversation fluide → majorité du temps.
- Z2 (autour Seuil 1–2) : tempo “confort dur” → utiles maratrail/ultra.
- Z3 (≥ Seuil 2) : intervalles “durs mais propres” → VO₂/capacité ascensionnelle.
La combinaison gagnante : beaucoup de Z1, quelques pics Z3, et un filet de Z2 selon l’objectif.
5) Sortie longue spécifique : la bonne recette
- 20–35 % du volume hebdo (heuristique de coach, pas dogme).
- Terrain/course : reproduire D+, surfaces, enchaînements, surtout descente.
- Ajout qualité : 2–3×10’ tempo en montée en fin de SL (≥ maratrail).
6) Garde-fous anti-fatigue chronique
- Progressivité : paliers modestes, surveiller RPE, sommeil, humeur.
- Variabilité : alterner jours très faciles et jours durs (réduit la monotonie/strain).
- Descente : introduire le D− progressivement (excentrique = DOMS), cadence plus haute, appuis stables.
- Affûtage (2–3 sem.) : −30 à −50 % volume, garder un peu d’intensité courte.
Références (lecture utile)
- Seiler, S. & Tønnessen, E. (2009). Intervals, Thresholds, and Long Slow Distance… Sports Medicine.
- Stöggl, T. & Sperlich, B. (2014). Polarized vs Threshold vs High-Volume… Frontiers in Physiology.
- Barnes, K. & Kilding, A. (2015). Strength & Conditioning for Distance Runners. Sports Med Open.
- Vernillo, G. et al. (2017). Uphill and Downhill Running. Front Physiol.
- Soligard, T. et al. (2016). IOC Consensus Statement: Load Management. BJSM.